Date : 05/07/2019

Laurent Chevalier change d’affectation mais pas de domaine : il prendra les rênes d’un autre lycée agricole à la rentrée, dans l’est de la France.
(Le Photo Télégramme/Manuella Binet)

Après quatre ans passés à la tête du lycée Le Gros Chêne de Pontivy, Laurent Chevalier va prendre ses nouvelles fonctions de chef d’établissement dans l’Est de la France à la rentrée prochaine. Il quitte la région avec la satisfaction du travail accompli.
Dans son bureau, les cartons vides sont déjà prêts. Il ne reste que quelques semaines à Laurent Chevalier pour vider son bureau. Pendant quatre ans, il a dirigé Le Gros Chêne et animé de son tambour les cérémonies officielles de la ville. Mais il faudra trouver un nouveau batteur pour les prochaines célébrations : le proviseur est sur le départ, muté à Châlons-en-Champagne à la rentrée. Il y prendra la tête d’un autre lycée agricole, un domaine qui lui tient particulièrement à cœur.
Le monde agricole pour héritage
« Je viens du milieu agricole, raconte le proviseur, avec l’accent chantant de sa Lozère natale. Mes parents avaient un petit élevage de viande bovine, en montagne. J’ai envisagé de reprendre la ferme, mais mes parents ne l’ont pas souhaité, elle était trop petite, pas viable ». Alors, comme il se passionne pour les sciences, il choisit de devenir professeur de sciences. « Ça me permettait d’avoir un peu de temps pour travailler dans la ferme familiale », se souvient Laurent Chevalier. Douze ans plus tard, il devient chef d’établissement et y voit l’opportunité parfaite pour revenir à ses premières amours : il devient proviseur, mais d’un lycée agricole.

En 2015, il prend son deuxième poste de chef d’établissement à Pontivy. « J’avais demandé la Bretagne, car c’est une région que je ne connaissais pas. J’ai découvert un Centre-Bretagne très dynamique où beaucoup de choses se font. J’ai pu participer au développement économique et au développement de formations sur le territoire ». Parmi ces formations, la licence C2A (commerce en agroalimentaire), l’une des formations conjointes, qui a vu le jour au sein du campus IPF3A. « Ce campus, créé il y a deux ans, regroupe treize centres de formations publics et privés de Bretagne. On travaille tous ensemble pour les métiers de l’agriculture et de l’agroalimentaire : nous ne sommes plus concurrents, nous sommes partenaires », se félicite Laurent Chevalier.

Un secteur de plus en plus qualifié
Si la création de l’IPF3A a marqué le proviseur, c’est qu’elle s’inscrit dans l’évolution des métiers agricoles et agroalimentaires. Un changement en marche, auquel il tient. « Aujourd’hui dans ces secteurs, on est sur des emplois parfois hautement qualifiés avec l’arrivée du numérique dans les exploitations, la robotisation… Certains ont encore l’image d’un métier dur, mais ce n’est plus le cas. Pourtant, on le voit, il y a une baisse de recrutement dans ces filières, alors que ce sont des secteurs qui recrutent ». Un besoin de main-d’œuvre qui se ressent notamment dans le bassin de Pontivy. « C’est pour ça que cet établissement a toute sa place ici, car il est cohérent avec son territoire. L’enseignement agricole permet le développement du monde rural ».

Au lycée Le Gros Chêne, Laurent Chevalier a aussi œuvré à la mise en place d’une unité de méthanisation dont les travaux sont en cours… Mais qu’il ne verra jamais fonctionner. « C’est une chose qu’on ne rencontre pas toujours dans une carrière de directeur. Quand je suis arrivé, le projet était en réflexion, il est désormais en cours ». Satisfait, il l’assure, il essaiera d’en créer une autre ailleurs, peut-être dans le prochain lycée agricole dont il prendra la tête.




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