Nobel 2021 : chimie verte, climat global et sensations

Publié le 7 octobre 2021Actualités
Nobel 2021 : chimie verte, climat global et sensations

Si elle est l’avancée scientifique la plus présente dans nos esprits, la technologie des vaccins à ARNm n’a décroché ni le Nobel de médecine ni celui de chimie. Il ne faut pas s’en étonner. Les comités Nobel étudient les nominations proposées par des institutions scientifiques, des sociétés savantes ou d’anciens Nobel.

Les vaccins à ARNm ont clairement démontré leur bénéfice pour la santé humaine il y a moins d’un an. Trop tôt, donc. Mais sûrement partie remise.

Les Nobel 2021 ont cependant consacré d’authentiques pionniers de leurs domaines respectifs. Un Italien, deux Allemands, quatre Américains. Et aucune femme cette année.

Nobel de chimie : la catalyse « verte »

Décerné mercredi 6 octobre, le prix Nobel de chimie a été attribué à l’Allemand Benjamin List et à l’Américano-écossais David MacMillan. Au début des années 2000, les deux chercheurs, âgés de seulement 53 ans, ont mis au point chacun de leur côté, la catalyse asymétrique.

Derrière ce nom barbare se cache une des avancées importantes de la chimie verte. Les phénomènes de catalyse, l’ajout d’un élément chimique qui accélère ou contrôle les réactions chimiques, sont connus depuis longtemps. Ils faisaient uniquement appel à des enzymes ou des métaux.

La catalyse asymétrique fait intervenir des petites molécules organiques, peu polluantes et peu onéreuses. Surtout, cette organocatalyse (c’est son autre nom), permet d’obtenir plus facilement des molécules organiques dans leur meilleure configuration, un enjeu essentiel dans l’industrie pharmaceutique.

En effet, une même molécule organique simple peut présenter deux formes dans l’espace (L ou D), l’une étant le miroir de l’autre. Mais leur effet peut être différent. En fait, dans la nature, tous les acides aminés naturels, sont de forme L et tous les sucres de forme D.

Nobel de physique : climat et systèmes complexes

Attribué mardi 5 octobre, le prix Nobel de physique a été séparé en deux. La moitié pour l’Américano-Japonais Syukuro Manabe (90 ans) et l’Allemand Klaus Hasselmann (89 ans), l’autre pour le théoricien italien des systèmes complexes, Giorgio Parisi (73 ans).

« Syukuro Manabe est un précurseur dans le domaine de la simulation numérique du climat de la Terre, salue Anne-Marie Tréguier, directrice de recherche au Laboratoire d’océanographie physique et spatiale (Université de Brest, CNRS, Ifremer). À la fin des années 1960, grâce à l’arrivée des supercalculateurs, il a pu élaborer un premier modèle en trois dimensions. Tous les modèles du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sont ses héritiers. » De son côté, Klaus Hasselmann, un chercheur reconnu pour être pionnier de plusieurs domaines, a proposé dès la fin des années 1970 de nouvelles méthodes statistiques, « qui ont donné une base scientifique solide à la modélisation climatique » et à l’origine humaine du réchauffement climatique, a souligné le comité Nobel.

Si le Giec avait obtenu le Nobel de la paix (2007), ce Nobel de physique attribué à des géophysiciens est aussi un message.

Nobel de physiologie ou médecine : l’empire des sens

Lundi 4 octobre, le Nobel de physiologie ou médecine a récompensé une avancée de la première option (physiologie) en récompensant l’Américano-libanais Ardem Papapoutian (54 ans) et l’Allemand David Julius (65 ans).

Le premier a identifié le fonctionnement de deux types de capteurs qui régissent notre sens du toucher et de la perception de notre corps dans l’espace. Le second a été à l’origine de l’identification des capteurs qui transmettent les sensations de température à notre système nerveux. Les deux découvertes sont des cibles potentielles pour des thérapies.

Source Ouest France 6 octobre 2021